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l'utilisation du mors

Les conséquences de l'équitation avec un mors

paru le 28/07/2013

 

Les différents organes du cheval fonctionnent en synergie et s'influencent soit directement par le biais des muscles, ligaments, articulations; soit indirectement par le biais des nerfs, du sang ou du métabolisme.
Comme le cheval est un animal qui respire exclusivement par le nez et ne peut le faire par la bouche, il peut, soit respirer profondément (pour l'exercice) soit manger, mais il ne peut pas faire les deux en même temps et le bon fonctionnement de son pharynx est essentiel à sa survie. lorsqu'un cheval prends quelque chose dans sa bouche, c'est en général de la nourriture. S'alimenter est l'activité principale de cet animal à l'estomac de petite taille et elle nécessite des périodes de repos, une sensation de sécurité, et une activité physique réduite. C'est pourquoi les chevaux ne mangent pas (et ne prennent rien dans leur bouche) lorsqu'ils se sentent en danger, sont effrayés ou se déplacent rapidement.
Lorsqu'un cheval court ou fait des efforts physiques soutenus, son métabolisme musculaire demande une quantité importante d'oxygène. Les voies respiratoires doivent être alors le plus dégagées possible, l'encolure vers l'avant, le larynx complètement ouvert (contrairement à lorsqu'il s'alimente) et la courbure de la trachée plus rectiligne à hauteur de poitrail. Différents muscles agissent sur les cartilages laryngiens afin d'ouvrir le voile du palais. L'air inspiré doit de la même façon être expulsé. Des voies respiratoires rétrécies (par la présence d'un mors dans la bouche et une position d'encolure repliée) et l'air chargé en gaz carbonique reste dans la trachée-artère se mélangeant avec l'air frais. Après un certain temps, l'air se trouvant dans les poumons contiendra de moins en moins d'oxygène et affectera ainsi le métabolisme entier du cheval.
En résumé le mors met le cheval dans une situation conflictuelle. Il ne sait plus s'il doit ouvrir ou fermer ses voies respiratoires. Le mors et la flexion de la nuque rétrécissent le passage de l'air et diminuent ainsi l'apport en oxygène dans le sang. en conséquence sur le métabolisme du cheval, l'emploi du mors entraîne une acidose, des risques d'hémorragie pulmonaire, un travail musculaire supplémentaire, cela fragilise le cheval, surcharge son organisme et le fait vieillir prématurément...

Par ailleurs, les différents mors peuvent être de réels instruments de torture. On inflige de la douleur au cheval afin qu'il obéisse. Le cheval va essayer d'éviter la douleur, pour cela il a plusieurs possibilités: il peut essayer de repousser le mors avec sa langue, ce qui provoque une forte salivation. Afin d'éviter la douleur sur les gencives, il peut le faire glisser sur ses molaires et accélérer leur usure, mettre sa tête vers le haut et se creuser le dos (ce qui est dangereux pour son dos qui porte la charge du cavalier) ou s'encapuchonner en rentrant sa tête vers son poitrail, ce qui réduit encore les voies respiratoires et limite son champs de vision. 
En conséquences de ces positions anormales, en plus de mettre le cavalier en danger, le mors peut provoquer des névralgies faciales, une usure rapide et anormale des dents, des tics comme le headshaking (cheval qui secoue sans cesse la tête) et des bavures osseuses.

Laetitia Valente.
inspiré des travaux du docteur vétérinaire Cook

Pourquoi le mors est-il une entrave pour le cheval

paru le 28/07/2013

 

Par Robert Cook

(Traduction française : Camille Contréras)

"Un mors en métal est un corps étranger envahissant dans une cavité sensible du corps. Il contrôle par la douleur,force la flexion de la nuque et entraîne une suffocation partielle. Évidemment, il engendre une ribambelle de problèmes connus sous le nom "d'aversion du mors". Mais il cause aussi une foule d'autres problèmes autrefois non reconnus, qui sont encore plus sérieux.

La douleur ou l'éventualité de celle-ci peuvent monopoliser l'attention du cheval mais peuvent aussi l'inciter à prendre le mors entre ses dents et à s'emballer. Un mors blesse fréquemment les barres, engendrant le développement d'entailles douloureuses dans les os. Une telle douleur entraîne chez le cheval les problèmes suivants : il trébuche, se cabre, rue, et secoue sa tête. Cela peut altérer l'attitude du cheval à l'exercice, le rendant à la fois malheureux et peu obligeant.

La flexion de la nuque provoquée par le mors entraîne des tensions au niveau de l'encolure, obstrue les voies respiratoires du cheval et déplace son centre de gravité vers l'avant, ce qui fait que les antérieurs doivent supporter plus de poids. L'inclinaison habituelle obtenue avec le mors verrouille les cervicales et détruit la liberté de l'encolure qui est essentielle à un athlète. Il réduit également la propulsion des membres arrière et l'efficacité du balancier tête/encolure, qui est un important mécanisme permettant d'économiser de l'énergie. L'obstruction des voies respiratoires, la douleur et la perte du balancement de la tête engendrent une fatigue prématurée ainsi que la perte du courage.

Le mors induit un réflexe de salivation et de mastication, qui sont des réactions appropriées pour manger et non pour travailler. Le réflexe de mastication suscite le mouvement des lèvres, de la langue et des joues, qui sont physiologiquement incompatibles avec l'exercice et la respiration rapide. Manger et se dépenser sont deux activités diamétralement opposées qui ne devraient jamais avoir lieu simultanément chez un animal. Comment apprécieriez-vous de courir avec un trousseau de clés dans la bouche ? Bien que le cheval ne puisse pas avaler le mors, il peut « avaler sa langue », déplacer son voile du palais, avaler sa salive de travers ou précipiter un spasme du larynx. Tous ces problèmes sont associés avec des épisodes de « suffocation » ou d'asphyxie. L'asphyxie, elle, est la cause des saignements pulmonaires chez les chevaux.Photo Cheval AttitudePhoto Cheval Attitude

Étant donné que la langue est attachée au larynx, lorsqu'elle bouge ,ce dernier bouge aussi. Si le larynx se déplace pendant l'exercice, il interfère avec le flux d'air. De la même façon, étant donné que le voile du palais repose à la racine de la langue, tout mouvement de la langue entraîne le mouvement du voile du palais. Ceci, successivement, entraîne encore une fois l'obstruction des voies respiratoires, le stridor ou le cornage, ainsi que l'asphyxie due à un déplacement dorsal du palais mou.

Comme la respiration et les foulées sont mécaniquement et physiologiquement couplées et qu'un cheval qui galope fait une foulée pour une inspiration, toutes ce qui interfère avec la respiration interfère avec les foulées. L'allure perd sa grâce naturelle et son rythme, et les foulées deviennent plus courtes. Dans une course, des foulées plus courtes équivalent à une vitesse plus lente. De plus, l'avant-main devient plus lourde ce qui fait que le risque de fracture est plus grand.

Enfin, chez les vieux chevaux comme chez les jeunes chevaux, le mors est la cause de beaucoup de problèmes fréquents au niveau des dents et de la bouche, comme des ulcères buccaux, des plaies aux lèvres, des blessures aux gencives, l'irritation des dents de loup et la lacération de la langue. Tous ces problèmes sont plus amplement décrits sur le site suivant : www.bitlessbridle.com

Ils peuvent être évités en supprimant le mors.

La bonne nouvelle est qu'on peut à présent communiquer avec le cheval sans utiliser de mors, en se servant d'un nouveau modèle de bride sans mors. Contrairement au mors, elle contrôle sans causer de douleur. Son mode d'action repose sur deux boucles placées au niveau de la tête du cheval, une passant sur la nuque et l'autre sur le nez. Ensemble, elles donnent au cavalier un contrôle bienveillant de la tête. La « conduite » est permise par une poussée douce mais persuasive appliquée sur une moitié de la tête ; et où la tête va le cheval suit. La bride applique une pression sur une grande surface sans causer de douleur au lieu d'appliquer une pression traumatisante sur une partie étroite et très délicate. Le ralentissement du cheval se fait en serrant toute la tête, demande à laquelle le cheval « cède ». Cette nouvelle bride est commercialisée sous le nom de « The Bitless Bridle ». Plus d'informations à propos de cette bride sont disponibles sur le site indiqué ci-après".



Robert Cook FRCVS, PhD
Professeur Honoraire de Chirurgie
Ecole de Médecine Vétérinaire de Cummings
Université de Tufts
Massachusetts
USA

Cette photo montre quelques traumatismes causés par le mors sur la mâchoire et les dents.
1. Des entailles sur les os des barres dans la bouche.
2. Une érosion des trois premières molaires due à la pression constante du mors et aux tentatives du cheval de se défendre en « s'emparant du mors ».
3. Perte de la première molaire.
4. Périostite de l'alvéole vide.
Comparez avec la mâchoire normale qui est au-dessus.

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