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Pourquoi des chevaux Auvergne x Vercors

Pourquoi des chevaux Auvergne x Vercors

Notre passion pour l’élevage est sans doute le résultat de mon amour passionnel pour mon premier cheval, Kiss Me, un hongre que, sur les manifestations où nous pointions nos nez, les autochtones qualifiaient d’ « auvergnat ». Mon grand poney, pour moi, ce n’était encore que des railleries pour qu’ils puissent se convaincre que leurs grandes girafes valaient mieux pff ! Mon grand poney, avec sa petite tête d’amour, son fort caractère avait pourtant ses qualités : rusticité, polyvalence, frugalité...
Puis j’appris que cette race n’était pas une farce mais bien une réalité, ou tout du moins une esquisse du passé. Comme bien des races locales aux fins peu nobles (transports des femmes, petits travaux de la ferme, remonte de la cavalerie,) elle avait quasiment disparu, son sang mêlé aux chevaux plus lourd pour faire de la viande. Parfois aussi, elle fut mixé à des robes plus en vogue comme dans le troupeau semi-sauvage d’Archange Serre à Rioms es montagne (pie, tacheté) mais ses caractéristiques dues à la rudesse du climat et du mode d’élevage y subsistaient. C’est de ce troupeau que descende la moitié de mes premières poulinières. Bien que sauvages, à l’exception d’une, elles sont toutes devenues de super montures, il y avait Pounette, Négresse, Quechua, Thémis ...D’ autres en étaient des descendantes indirectes Lolita et Loreleï, étant passé par Patrick Veschambre, et la belle Georgia !
Il nous fallait un étalon et le premier, issu de l’élevage de Laurent Pradier, Magalère, se solda par un échec, tant par sa pauvre production, que par ses capacités réduites sous la selle : manque de polyvalence, d’impulsion et d’équilibre. De toutes manières, tous les membres de l’association m’encourageait à trouver du sang neuf et nous avions trouvé dans des archives des preuves d’échanges entre la race Auvergne et la race Vercors au cours du siècle dernier.
Mais quelle était cette autre race ? Une petite race locale elle aussi, rustique aux mêmes caractéristiques physiques et au même destin funeste, bien que d’avantage sauvegardé par la famille Barraquand de laquelle elle hérita son nom.
Une excursion fut donc organisée en quête de diversité génétique. Les chevaux que nous rencontrâmes étaient splendides, les étalons Lauris, Fiston, Oscar et Isidore nous fûmes présentés. Nous aurions dû repartir avec Oscar mais le destin en avait décidé autrement. Une piroplasmose le handicapa et ça tombait plutôt bien, car moi, je n’avais d’yeux que pour Isidore.
L’association du cheval Auvergne me fit longtemps payer ce choix pourtant involontaire. Son héritier, Tribal ne fut jamais agréé définitivement...Après de loyaux services dans notre élevage, Isidore retourna dans ses montagnes natales en échanges d’une poulinière, Ninon ma monture actuelle préférée. J’avais aussi acheté une autre poulinière Vercors, Noisette, qui, pleine de Lauris nous fit un fils, Soprano qui fut lui-même, père de notre troisième étalon, Voddoo avec Négresse ; vous avez suivi ? (si non, relisez ^^)
Cette étalon était donc moitié Vercors mais beaucoup plus charpenté que Tribal ou Isidore, j’avais bon espoir pour son agrément. Seulement, les empêcheurs de tourner en rond, les jaloux et les vieilles rancunes ont la dent dure ! Je commence à comprendre d’où vient le caractère entêté de ses équidés, n’est-ce pas au contact de leurs humains ! Encore une fois mon étalon est refoulé, soit disant trop léger !! Mais veulent-ils créer une dixième race de trait en voie d’extinction ? Si l’on en croit les archives, le cheval Auvergne n’était pas si lourd ! Mais non, les membres du bureau directeurs ont préféré cette voix afin d’obtenir les subventions allant de paires avec les races de trait, le prix réduit des carnets ou parce que le copain il fait de l’attelage, bref des arguments en béton !! Mais quand votre voix est en minorité, que faire ? Puis, en réponse aux arguments de l’historique on m’a répondu que nous n’allions pas faire un cheval comme il y a deux cents ans... Alors on refait de l’intégration avec du Comtois bai, ça fait encore des primes, puis on va piquer des souches génétiques chez le Vercors en profitant d’un conflit d’éleveur et en lui offrant tous ses carnet gratis !! On ne parlera pas du Castillonais, chut c’est secret, pourtant c’était surement un des plus beaux étalons refondateurs...
A cet instant, je suis dégouté et je vends notre étalon, pour une misère, jurant qu’on ne m’y reprendra plus ! Et un mois plus tard j’apprends que mon beau Vodoo d’Ox a été agréé définitivement chez l’éleveur qui l’a acheté, mngfff** ! Bon allé, je castre mon dernier mâle, de toute façon, le déménagement approche, pas le moment de penser à faire reproduire.
Quelques mois passent, notre installation en montagne bourbonnaise s’est bien passée et l’été a commencé lorsque j’apprends par le net la reconnaissance du cheval Vercors de Barraquand. Je vais par réflexe faire un tour sur leur site internet et c’est vrai que ça a de la gueule ! Quelle homogénéité, quel beau modèle équilibré, rustique sans être trop lourd, du crin, des têtes tellement expressives et pas chargées !! Qu’est-ce que je regrette, par chauvinisme ou par obstination dira-t-on, je me suis fourvoyé, j’ai condamné mon élevage et les reproductrices que j’ai expatrié ! Pas d’issu pourtant, car eux-les éleveurs du Vercors- sont intègres et disciplinés, leur stud-book est provisoirement fermé et mes juments d’origine 100% Vercors comme Ninon ou Ursule ont aujourd’hui des papiers Auvergne. L’association de race Auvergne a même créé des doubles identités comme pour Siam, l’étalon de l’élevage de Moidas qui est pure Vercors. Et oui le beau Tao que vous voyé partout est 50% Vercors. Malgré tout un ami me recontacte, nous pourrions avoir Tonnerre comme étalon, un Auvergne de Rioms es Montagne, un joli modèle type selle. Nous l’attendons tout l’été, j’harcèle l’étalonnier qui me sort toujours des excuses, c’est pourtant eux qui m’ont contacté ! Nous n’aurons pas d’étalon cette année. « Merci » Fabienne de m’avoir appris pourquoi : c’est encore un tour du bureau de l’association qui a convaincu l’éleveur de ne pas me le prêter.
Aujourd’hui, je décide de ne plus me taire et de faire de beaux chevaux, avec ou sans papiers,(en OC c’est déjà bien) qu’importe, s’ils sont élevé avec amour et passion pour ces races de montagne car comme l’article des archives du Cheval d’Auvergne le stipule : c’est le terroir qui fait le cheval. Á la préhistoire, les montagnes sont le berceau des petits « chevaux des plateaux», les plaines des chevaux lourds « des forets » et le petit cheval trapu vie dans « les steppes » (tous les chevaux du monde, Caroline Silver). Bien sûr vous pouvez choisir d’élever une grange à foin ou un cheval qui risque la fourbure à chaque pousse d’herbe... Pour moi, l’adéquation au terroir additionnée aux critères de beautés (dans le sens contraire de défectuosités) et la polyvalence comme cheval de loisirs, équilibré tant dans sa tête que dans son corps, sont les critères qui doivent prévaloir lorsqu’on compte redonner vie à une race pour longtemps...

 

Fitchu d'Ox digne descendante d'Isidore par Vodoo d'Ox et Ushuaïa d'Ox

 

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